|
Le citoyen : comment es-tu venu
à la poésie ?
Ahcene Mariche :
ma sensibilité intense, mon regard pointu sur les choses de la vie
, mon amour pour la culture en général et le caractère héréditaire
ont été les facteurs les plus important qui m’ ont orienté vers la
poésie.
Je ne peu dire ni comment, ni
quand cela s’est produit, je sais simplement que je me suis
retrouvé dedans en signant mon premier poème quand j’étais au
lycée de larbaa nat iraten en 1984. Et depuis l’aventure a
commencée.
Le citoyen : quels sont les
poètes qui vous ont marqués et ceux dont vous avez subit
l’influence ?
Ahcene Mariche :
la listes des poètes est longue, principalement Ait Menguellet,
Ben Mohamed, Benhanafi, Slimane Azem , Beaudelaire, Jules antoine ,
Ben guitoune...
Concernant l’ influence :Ait
Menguellet ,Matoub lounes, Zedek Mouloud, Slimane Azem, Cherif
Kheddam , Cherif hamani, Rudyard kupling en ont vraiment fait
l’effet sur moi.
Le citoyen : Pouvez-vous nous
donner un résumé de chacun de vos recueils ?
A.M :
j’ ai déjà édité quatre recueils sur le marché à compte d’auteur.
le premier recueil
s’intitule Id yukin( les nuits volubiles) composé de 32 poèmes en
kabyle traduits en français édité en juin 2005
Je l’ai voulu, une exploration
d’univers sans frontières et guidé par une inspiration surgissant
dans tous les recoins temporels de mon âme et de celles des miens.
Je m’interroge : dis moi ?,quels sens ?, où es tu donc ?, que
m’es-t il arrivé ?,...
C’est aussi un désir de voir
clair, de se libérer des prisons linguistiques qui incarcère
l’infini du sentiment et l’horizon de la langue.
Je me suis aussi livré à des
analyses que j’imprègne de regards scientifiques sur les choses de
la vie et la société en général.
Le second recueil :
Taazzult-iw (confidences et mémoires) composé de 25 poèmes en
tamazight traduits en français édité en mai 2006
C ‘est une aventure au royaume
de l’amour « où il n’y a ni Roi, ni couronne, ni esclave, ni
chaîne » j’ai rendu un vibrant hommage aux couples amoureux à
travers le poème saint valentin.
J’ai accordé volontier une
visite guidée dans les sujets où la saveur, la portée, la
philosophie sont les éléments de mes équations que j’aime proposer
à mes lecteurs.
Ce recueil me renvois à chaque
fois à cette citation « le poète est un géant qui passe sans
efforts par le trou d’une aiguille, et un nain qui rempli
l’univers »
Le troisième
recueil :Tiderray(contusions)
est composé de 33 poèmes en tamazight traduits en français édité
en juillet 2007.
Dans ce recueil, j’ai mis le
doigt accusateur sur les phénomènes sociaux, la jalousie, le
bipage, ... j’ai fais parler le couteau et raconté ses déboires,
ses moment de bonheur.. Décris l’inspiration cette fidèle
inconnue.. J’ai revisité les cauchemars de la vie qui garantissent
le sursaut.
C’est aussi un vrai pèlerinage
du passé récent avec ses cicatrices au fond de mon âme pour
demander le pardon.
J’ai fais plein de constats,
sur notre société avec ses failles et torts, l’actualité, l’amour
de l’argent, les limites de la santé,l’imitation aveugle et les
moeurs de nos jours.
Adorant l’énigme, je transmets
des messages codés à ma dulcinée ZIVKA à travers 7,5 et 27,5.
Le quatrième
recueil :
Voluble nights c’est la version anglaise de mon premier recueil
« id yukin » composé de 32 poèmes traduit par Dalila Ait salem et
préfacé par Nabil Boudraa professeur à l’université aux USA.
Le citoyen : quelle est la
thématique qui revient dans votre oeuvre? et les autres thèmes
traités ?
A.M :
le thème générique c’est bien l’amour, mais les facettes sont
changeantes selon l’inspiration, la société avec ses tares
multiples...
Les autres thèmes sont : les
rêves, la déception, l’inspiration, la femme, la santé,
l’expérience de la vie, le destin.....
Le citoyen : pensez vous
traduire les poèmes édités par le HCA pour le soumettre à la
portée d’un plus grand nombre de lecteurs ?
A.M :
étant un féru des traductions, je ne pouvais rater cette
opportunité.
Les six(06) poèmes édité par le
HCA dans « tibhirt n imedyazen » Je les ai édité déjà dans mon
premier recueil donc il sont traduits en français et en anglais
dans voluble nights.
Je signale que quelques uns de
mes poèmes à ce jours ils ont été traduits en 10 langues :
français, anglais, arabe, allemand, italien, japonais, chinois,
espagnole, danois et russe.
Le citoyen :
Quel état des lieux fais-tu de la poésie en tamazight ?
|
A.M :
La poésie en tamazight à toujours été le maître mot chez les
imazighen et le demeure chez ceux qui connaissent sa valeur.
La kabylie recèle de vrais
talentueux poètes mais il n y a pas d’espace d’expression pour
eux d’ailleurs des tonnes de poèmes croulent dans les recoins
des maisons kabyle ou bien dans les mémoires de nos vieux.
Le peu de poètes qui ont pu
éditer c’est par un vrai grand sacrifice qu’ils ont pu le faire.
Il y a encore de grands poètes à lire et a écouter avec passion,
il suffit de chercher.
Le citoyen :quels sont les
grand noms de la poésie en tamazight ?
A.M :les
grands noms sont : Yucef ukaci, Si mohand u mhand, Ccix mohand,
Slimane Azem, Ait Menguellet, Ben Mohamed, Ben Hanafi, Hadjira
Ubachir, Zedek Mouloud, Cherif Hamani, Mourad rahmane....
Le citoyen :
Quel est le style de la poésie de Ahcene Mariche ?
A.M :
ma poésie se situe entre la poésie classique d’une certaine
manière par sa structure, sa forme.. Et la poésie moderne vu les
nouvelles touches que j’ai pu apporter dans mes regards, la
manière d’écrire, la touche scientifique, énigmatique et la
nouvelle thématique que je veux comme nouveaux souffles à notre
poésie pour sortir du cercle habituel et y aller à
l’universalité.
Le citoyen : Quelles sont les
qualités d’un bon poète ?
A.M :
un bon poète est celui qui obéit à son inspiration et se laisse
guidé vers son monde à lui comme il le veux et ne cherche pas
ses mots. C ‘est celui qui ne se cherche pas mais se retrouve
dans chaque situation.
Le poète n’est pas un maçon
et les mots ne sont pas des briques.
Pour ceux qui ont l’art et la
manière de ciseler les mots, leur capital sagesse et savoir sont
important pour un travail de qualité.
Un bon poète c’est aussi
celui qui est en avance sur son temps car il ouvre les yeux aux
gens, leur réduit le temps et l’espace avec ce qu il conçoit
bien.
Le citoyen : les poètes et
écrivains en tamazight rencontrent-ils des difficultés pour
publier ? Si oui, pourquoi ?
A.M :
ils rencontrent de sérieux problèmes pour publier, il n y a pas
de prise en charge de l’oeuvre en tamazight, les éditeurs privés
ne s’intéressent pas trop car leurs soucis majeurs c est le gain
rapide et pensent qu ‘il n y a pas un grand lectorat en
tamazight et c’est faux.
Mis a part quelques éditeurs
sérieux et convaincu ceux ci ne peuvent satisfaire tous le monde
ni même ils peuvent dénicher l’oiseau rare.
La majorité des auteurs en
tamazight, ils ont édité à compte d’auteur ou bien ils sont
passés par le HCA qui donne un grand coup de main aux jeunes
auteurs.
L’impression des livres reste
toujours chère et inaccessible aux auteurs, puis il n y a pas de
politique de livre concernant le tamazight.
Puis, les nouvelles
recommandations concernant l’écriture de tamazight s’ajoutent
aux lots de problème vu que la majorité des auteurs en tamazight
ils n’ont pas étudié tamazight. Ils sont autodidactes.
Ne parlant pas du problème
des libraires et distributeurs qu’ils rencontrent souvent.
Le citoyen : quels sont tes
projets ?
A.M :
mes projets sont multiples : après avoir édités quatre recueils
de poésie et un cd audio de ma poésie accompagnée de musique,
j’ai mis la machine en marche : j ‘ai un recueil de poésie en
anglais « confidence and mémories »qui va paraître dans deux
mois.
Ce même recueil sortira
quelques mois après en langue arabe
Comme je viens de terminer un
autre recueil en tamazight qui sortira juste après les deux.
S’il y a concours d’un éditeur je suis prêt à les éditer les
trois en même temps.
Je vais éditer aussi un VCD
et DVD de ma poésie que j’ai déjà filmé et me reste que quelques
poèmes pour terminer le montage.
Mon recueil
de poésie TAAZZULT-IW (confidences et mémoires) sortira en
France dans quelques semaines chez les éditions SEFRABER
Le citoyen : quel est votre
dernier mot ?
A.M :
je vous remercie infiniment de m’avoir ouvert vos colonnes pour
m’exprimer sur mon oeuvre et projets.
|